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08/12/2015

Vote des jeunes aux régionales, l’analyse de Frédéric Dabi de l’Ifop

Suite aux résultats du premier tour des élections régionales, nous avons souhaité interroger Frédéric Dabi, Directeur adjoint d’Ifop France, concernant le comportement électoral des jeunes vis-à-vis de ce scrutin. Dans cette interview, Frédéric Dabi fait référence au sondage Ifop/Anacej du 25 novembre sur les jeunes et le vote ainsi qu’au sondage “jour de vote” Ifop/Fiducial pour Paris Match, iTélé et Sud Radio.

frederic-dabi©ifopQuel a été votre premier sentiment lorsque vous avez découvert les résultats de votre sondage “jour du vote” ?

Ce qui me frappe, quand je regarde les résultats de l’intention de vote c’est qu’on a, une fois de plus, ce phénomène d’homogénéisation du vote des jeunes. On a vraiment ici la catégorie dont le vote ressemble le plus à celui de l’ensemble des électeurs français. Il faut cependant noter ce phénomène de sur-abstention, qui touche les jeunes, est propre à ce segment électoral

Quels sont les ressorts de l’abstention que vous observez chez les 18-24 ans, suite à ce premier tour ?

On voit que les jeunes se distinguent de l’ensemble de la population française sur ce point. Dans la population française il y a une abstention de mécontentement, une abstention contestataire, on ne trouve pas trop ça chez les jeunes. Le grand public c’est le mécontentement et la vanité, c’est-à-dire, “ces élections ne changeront rien à ma situation”, chez les jeunes on a d’abord un problème d’information, de connaissance. La principale raison invoquée par les jeunes qui s’abstiennent c’est “je ne connais pas les candidats qui se présentent”, c’est quelque chose qui est lié à l’accès à l’information électorale. On retrouve aussi quelque chose qu’on a vu dans le sondage de l’Anacej, c’est l’item refuge “j’étais en week-end, en congés ou déplacement” qui atteint 31% chez les jeunes, on voit très bien qu’il y a une sorte de stratégie d’évitement.

Justement sur cette question de la non connaissance des candidats, est-ce que les jeunes sont particulièrement sensibles aux personnalités plus qu’aux idées ?

Oui mais même si l’incarnation est importante on voit très bien que cela ne fait pas tout. Par exemple, sur cette élection il y avait des personnalités “fortes” qui étaient candidates et pourtant cela n’a pas forcément mobilisé plus… Je pense que l’incarnation ça marche plus chez les jeunes sur une élection présidentielle. On se souvient de l’attrait qu’avait suscité Ségolène Royal et surtout Nicolas Sarkozy en 2007 et de l’attraction de Marine Le Pen en 2012, voir de François Hollande ou même Jean-Luc Mélenchon. Là, sur cette élection même l’incarnation n’a pas marché.

Comment travailler sur une solution ? Est-ce que cela passe par la re-crédibilisation des politiques ?

La re-crédibilisation du personnel politique passe d’abord par un renouvellement, pour que ces jeunes puissent s’identifier au personnel politique, ce qui n’est le plus souvent pas le cas. Et puis les jeunes, segment électoral comme les autres, attendent des résultats, attendent que la politique change la vie et ce qui est au cœur de cette abstention si forte c’est que la politique ne change pas la vie. Le ressort de l’abstention qu’on a vu “les élection ne changent rien à ma vie” est partagé par presque plus d’un français sur quatre.

 

Propos recueillis par Simon Berger

 

 

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